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- Les Forçats de la Route -



Ça y est c’est le grand jour, ils vont enfin faire le Tour,
Des années qu’ils y pensaient, des kilomètres qu’ils en rêvaient,
Après des mois de préparation, à la sueur de leur front,
Ils arrivent motivés, espérant une étape gagner.
Les uns feront la course en plaine, quand les autres ménageront leur peine,
Et puis quand arriveront les cols, en auront ‘core dans les guiboles.

On est le 4 juillet, c’est parti la grande épopée,
Pour tenter d’rentrer dans l’histoire, devenir quelqu’un de notoire,
Égaler les champions d’hier, ressortir grandi de l’enfer,
Imiter Gino Bartali, la classe de Fausto Coppi.
Et même si pendant le Giro, y’avait pas que des rigolos,
Désormais c’est le Tour de France, et ça met les coureurs en transe.



Ce matin au départ, à peine accrochés les dossards,
Des gars ont mis d’entrée en route, pour forcer le cours de la course,
Rapidement l’écart se creuse, Radio Tour annonce 3’22’’,
Les gars assurent bien les relais, pendant qu’on musarde à l’arrière.
Si jamais ça n’réagit pas, le p’loton n’les reverra pas,
Les équipes de sprinters s’affolent, ma foi c’était p’t-être bien la bonne !

L’échappée est au kilomètre, la peur de gagner les stresse,
Juste en passant sous la flamme rouge, l’un d’eux attaque, personne ne bouge,
C’est pas le moment d’se regarder, si les autres veulent encore gagner,
Ils lèvent le cul, remettent une dent, ne savent même plus d’où vient le vent,
Ils rentrent sur c’lui qu’avait flingué, le sprint est maintenant lancé,
En j’tant son vélo sur la ligne, il les coiffe d’un boyau sur l’fil.



Aujourd’hui commence la montagne, avec d'inscrits au programme,
La Croix de Fer et le Galibier, puis l’Alpe d’Huez et ses lacets,
Les grimpeurs s’en donnent à cœur joie, pendant qu’les rouleurs de l’autre fois,
Finiront dans le Gruppetto, afin d’assurer le tempo.
On mettra le 39x23, on s’battra pour le maillot à pois,
Se jouera ce jour dans les Alpes, le classement général.

Au virage n°4, le maillot jaune place une attaque,
Un seul arrive à prendre la roue, et les deux font de suite le trou,
Le Tour est en train de se jouer, les regards devant sont portés,
Pendant qu’à l’arrière épuisés, avalent un à un les lacets,
Commencent à se décomposer, à maudire ce sport de cinglés (pff-pff),
Tous les braves équipiers (pff-pff), des leaders tant admirés (pff-pff),
Redoublant d’efforts insensés (pff-pff), pour arriver dans les délais (pff-pff),
Puis à l’hôtel récupérer (pffffffff), pour demain tout recommencer !!




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